Arbre à lire
triptyque châssis lin naturel
100 cm x 100 cm
acrylique




LE FUNAMBULE
Et la vie va...L'âme cherche à s'envoler...
Et par tant d'efforts, elle voudrait bien monter...
Ralingue de voile en ciel,
L'araigne y a tramé sa toile,
Et le fil dans la nuée est celui de la vie.
Il fixe le cap et la route suivie...
Il n'est pas aisé d'en garder droit le cours.
Avançons lentement à l'allure de nos jours...
Qui dans sa rectitude va toujours en montant.
La pente reste la même et tant nous progressons,
Que nous ne saurions lors revenir en arrière...
Nous sommes condamnés à aller droit devant...
Et parfois nous roulons, ou bien c'est en tanguant,
Sous l'effet du grand vent qui nous saoule,
Que nous marchons, créant des pieds notre constante houle...
Alors, il nous faut étendre loin nos bras,
Sur le fil bien garder l'équilibre plutôt que tomber bas...
Nos bras, nous ne pouvons alors les rassembler
Vers quiconque nous voulons embrasser...
Même tête penchée, nous restons crucifiés,
Sur la pâleur des nuées, minces corps statufiés.
Du meilleur de nous même, contraints, nous allégeons,
Ou sont-ce nos soucis qu'alors nous vous jetons ?
Mais nos mots d'amour , à l'envi, s'envolent en éclaireurs,
En plumes de couleurs, les messagers du cœur ?
Je ne saurais conclure. Je n'ai pas tout compris,
Mais j'ai vu comme un chemin de vie, sur un fond de ciel gris.
Les deux pieds dans ma glèbe, tout en bas du tableau,
J'ai perçu le désir...J'ai levé la tête à l'appel du beau :
Le rêve d'ascendance, le songe transcendé
D'un Icare, en gloire, mais au ciel crucifié...
Car un dieu solaire nous a privé des ailes...
Pourtant nous en créons...Pourtant elles sont si frêles..
Mais l'artiste, nous en offre à notre juste mesure.
Faisons lui révérence, de notre esprit, elles ornent la parure.
Hervé ALLIOUX La Graverie mai 2013
un grand merci à Hervé qui me fait toujours l'honneur d'être inspiré par mes toiles ...
Les plumes et la renarde
(pour Marion)
Tout l'oiseau dévoré !... et cela fait la Une !
Et il n'en reste lors, pour témoins que des plumes !
Aussi nombreuses, en somme,
Planent les feuilles d'automne,
En belles brassées volantes,
Rires, cris, et de la joie vibrante
Qu'en l'air les gamins jettent,
Promenades champêtres, jeux et fêtes...
La renarde, près de l'arbre dressé,
Oncques, n' affecte l'air navré
Qui siérait au coupable,
Qu'un lourd remords accable !
Elle contemple ce fabuleux carnage :
L'explosion du voluptueux plumage.
- Est-ce bien moi, qui ce jour fit cela ?
En toute innocence, je ne m'en souviens pas !
Prés de l'arbre écarlate à la toge empesée,
De sensuels replis d'écorce contournée,
L'animal rusé , naïf en apparence,
Pour ce jeu cruel n'a point de repentance.
Sans l'once d'une de cruauté, il pratique à l'envi,
Et ne saurait avouer que le voilà bien pris.
Il campe, solide sur ses pattes, arrimé.
Il y a dans sa pause comme un air étonné.
Il ne voit pas l'effroi. Il n'entend guère les cris
De celle, à la robe un soupçon vert de gris.
La rousse jouvencelle, au ciel lève les bras,
Au vu de cet ignoble et bestial trépas...
Ainsi, à l'animal va si bien l'innocence,
Là où nous ne voyons que cruelle indécence...
L'effronterie de Goupil, souvent nous condamnons,
Pourtant, bien pis que lui, certains jours nous faisons...
Hervé ALLIOUX, La Graverie avril 2013
MELUSINE
Mélusine, qui es-tu, Toi ?
Fée celtique, je te vois...
Aérienne, bien qu' alanguie,
Mais de l'oiseau la douce amie...
Sur ta main se posera un bref instant
Et repartira virevoltant,
Sans doute comme à regret.
Portant en lui quelque secret...
Il nous dira la bonne nouvelle,
Faite de trilles fraternelles,
Que seul le poète entend.
Juste quelque souffle de vent,
Caressant d'un bout de plume
La joue de quelqu'un, de quelqu'une...
Arbre fendu, départi lumière et ombre...
Dame de cœur ou de pique sombre ?
Contraste de la vie d'avant
Et du destin de maintenant ?
Branches vrilles vont s'enlaçant,
Cheveux au vent vont ruisselants...
Au libre cours de nos pensées,
Nous contant quelqu' odyssée.
Mélusine, qui donc es-tu ?
Fée bretonne tombée des nues ?
Si j'étais Merlin l'Enchanteur,
Je te souhaiterais plein de bonheur....
Enchanteur, je ne suis pas...
Mais mon vœu demeure, pour Toi, là-bas...
Hervé ALLIOUX La Graverie - 3 février 2013